Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 14:41

CRITIQUE

A des lieux et des époques différentes, plusieurs personnes s'expriment à travers l'art et la contestation. Pour sa part, Bob Dylan, plus grand chanteur de son époque, n'est pas vraiment là mais il est partout.

Le biopic est décidément un genre à la mode. Et comme Bob Dylan est considéré par beaucoup comme le meilleur chanteur de tous les temps, il était normal de voir sortir un film sur sa vie. Pour l'occasion c'est Todd Haynes, réalisateur de l'excellant Loin du Paradis, qui s'y colle. Et il faut dire qu'il avait son idée bien à lui, puisque ce n'est pas moins de six acteurs (et actrice) différents qui incarnent le chanteur. Cette particularité, ajouté au prix d’interprétation de Cate Blanchett à Venise, semble être un bon moyen d'attiser la curiosité de chacun. Mes connaissances sur l'artiste frôlant le zéro, j'ai donc voulu en savoir plus.

A vrai dire, I'm not there ne ressemble à rien de ce que l'on peut voir d'habitude. Il serait même faux de dire qu'il s'agit de biopic, puisque le film ne porte pas sur la vie du chanteur, mais plutôt sur ce qu'il représente. Pour se faire, le réalisateur n'a donc pas choisi de suivre un ordre chronologique, mais a préféré dresser un patchwork de tous ce qui constitue l'univers de l'artiste. Pour cela, il s'est basé non seulement sur les évènements importants de sa vie, mais aussi les paroles de certaines de ses chansons. Ainsi, préférant la métaphore au concret, le metteur en scène nous offre une oeuvre très abstraite sans réel fil conducteur et qui peut s'avérer déroutante pour le néophyte au vue de la densité de l’ensemble.

Car il est clair que celui, comme moi, qui ne connaît rien à Bob Dylan passera à côté de la plupart des références du film. Et même s'il n'est pas difficile de capter les intentions, il est parfois difficile d'adhérer sur un fond qui ne correspond à rien d’assimilable. C'est un peu dommage dans un sens, mais on peut aussi se dire que c'est un parti pris qui répond à une exigence de l'auteur qui avait envie de sortir des conventions. Et dans ce sens, on peut au moins dire que le visionnage de ce film est une expérience assez unique.

Surtout que même si l'on ne comprend pas tout, le film a d'autres atouts non négligeables. Il faut signaler tout d'abord l'interprétation. Car même si certains acteurs sont peu visibles, ils sont tous excellents et en particulier la divine Cate Blanchett, qui en impose encore une fois par sa présence. Puis la mise en scène est plutôt intelligente. Les changements constants de rythme et d'ambiance permettent de ne jamais vraiment décroché même dans les moments un peu creux. Mais le plus phénoménal reste la bande originale, qui compte bien une bonne vingtaine de chansons de l'artiste. Et c'est bien en l'écoutant qu'on se rend compte de toute la portée de son talent.

I'm not there est donc pour moi une oeuvre impossible à noter. Ne ressemblant à rien d'existant, il est difficile de porter un véritable jugement, si ce n'est sur la brillante interprétation et la réussite technique. Autrement, le film séduit et déroute à la fois, surtout pour le non initié qui sera sans cesse laisser sur le côté. Enfin, pour ceux qui ont la curiosité de découvrir quelque chose de vraiment différent, il serait difficile de s'en passer. Pour les autres, autant dire qu'il faut être dans un bon état d'esprit, pour pouvoir essayer d'appréhender le film dans son ensemble.

Vu au cinéma Devosges, Dijon (21)



Par Ender - Publié dans : Vu au Ciné
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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 19:37

CRITIQUE

Bobby, gérant d'une boîte de nuit, est sous la coupe d'une famille russe spécialisé dans la drogue. Mais ce que cette dernière ne sait pas, c'est que son père et son frère sont deux membres très actifs d'une Police qui n'aura bientôt d'autres buts que de la faire tomber. Et lorsque la violence des affrontements commence à éclater, il semble être temps de devoir faire un choix.

Qui se souvient de The Yards ? Sortie en 2000, le précédent film de James Gray avec déjà le duo Joachim Phoenix et Mark Wahlberg avait été encensé par la critique. Pourtant le résultat un peu pâlichon n'était pas vraiment rentré dans les annales. Sept ans après, revoilà la presse spécialisée qui se pâme à nouveau. L'objet de cette admiration c'est la Nuit nous appartient et cela sent déjà un peu le recyclé.

The Yards était déjà un film de gangster. Mark Wahlberg y incarner un repris de justice qui voulait échapper à sa famille de malfrats pour pouvoir reprendre une vie normale. Joachim Phoenix y incarner son cousin un peu paumé (de mémoire). Et même si c'est ce dernier qui passe maintenant au premier plan, le scénario reprend exactement les mêmes thèmes avec la recherche d'une identité et l'importance des valeurs familiales. Le résultat est un peu semblable, vaguement intéressant dans la forme mais assez morne dans le fond.

Ce n'est pas vraiment la faute aux acteurs qui se sont investit autant financièrement (les deux acteurs principaux ont co-produit le film) que personnellement et à ce niveau on peut même dire que Joachim Phoenix porte le film à bout de bras. Bien plus charismatique que son collègue, il offre une prestation très physique qui démontre tout le bien que l'on pouvait penser de lui. Le reste du casting donne plutôt le change avec en particulier une Eva Mendes transcendé qui prouve qu'elle est autre chose qu'une jolie poupée gonflable.

Ou cela pêche, c'est plutôt au niveau de l'intrigue. Trop classique et avare en surprises, cette dernière ne fait qu'appliquer des formules toutes faites sans y apporter aucune profondeur. Et comme le personnage principal n'est pas vraiment attachant, il est quand même difficile de ne pas se laisser gagner par une certaine lassitude. C'est plutôt dommage, car on sent que les scénaristes n'ont pas su tirer parti du dilemme cornélien en ayant joué trop vite les cartes qu'ils avaient en main. Ainsi même si les objectifs clairement définis du réalisateur étaient séduisants, on sent qu'il n'arrive jamais vraiment à les appliquer. Peut-être a-t-il voulu trop baser son film sur le personnage de Joachim Phoénix dont le talent ne suffit pas à rentabiliser complètement le prix d'un ticket.

Au fur et à mesure, il s'est donc installé une distance entre moi et ce film. C'est plutôt dommage, car il avait un lourd potentiel et que James Gray est loin d'être un manchot. Reste que son film manque cruellement de personnalité et qu'on ne peut pas tout capitaliser sur le talent de son acteur principal.

Vu au cinéma Eldorado, Dijon (21)



Par Ender - Publié dans : Vu au Ciné
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 17:43

Les annales du disques monde à la télévision, c'est ce que semble nous proposer M6 pour Noël. Une bonne idée puisque l'univers de l'auteur est assez peu connu en France, si ce n'est pas la geek's generation qui vout un véritable culte à l'oeuvre de Terry Pratchett.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'auteur, son oeuvre est basé sur un univers récurrent qui parodie les codes de l'univers fantasy. Bourré d'anachronismes, la série de romans tire sa grande force d'un humour décapant d'une rare qualité.

Même si la lecture des romans restent indispensable, la diffusion peut donc être un bon moyen de découvrir l'auteur. Encore faut-il que la qualité de l'oeuvre télévisuelle visiblement destiné a un jeune public sera-t-elle à la hauteur de l'oeuvre. Un autre bémol étant l'horaire de diffusion plutôt difficile : le 24 décembre à 22h05. Inutile de dire que c'est un horaire peu accessible pour certains.

Enfin voici comment M6 présente son futur programme :

Adaptée du roman "le Père Porcher"de Terry Pratchett, "Les Contes du Disque- Monde" est une mini-série fantastique.

Dans le Disque-Monde, les créatures féeriques vivent et cohabitent dans un univers très surprenant…

Imaginez un monde plat et circulaire soutenu par quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d'une tortue géante, la grande A'Tuin, qui sillonne l'univers vers une destination qu’elle seule connaît… C’est la veille de Noël à Disque-Monde mais le Père Porcher, alias le Père Noël, a disparu. Quand la Grande Faucheuse le cherche pour le prévenir du danger qui pèse sur lui, elle découvre les porcs du Père Porcher (faisant office de reines) et le traîneau à l’abandon. Le pire est alors à craindre ; si les cadeaux ne sont pas distribués aux enfants, l’espoir disparaîtra et le soleil ne rayonnera plus jamais. Plus habitué à manier la faux qu’à descendre dans les cheminées distribuer des jouets, la Faucheuse prend néanmoins le relais.

Décidée à sauver le Père Porcher, La Mort fait équipe avec Susan, une gouvernante peu commune, et des magiciens de l’Université Invisible, mais le sablier de la vie du Père Porcher se vide à toute allure…



Par Ender - Publié dans : Série TV
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 13:41

CRITIQUE

Eddie, un célibataire de quarante ans, commence à se dire qu'il serait temps de trouver une épouse. C'est alors que le hasard met sur sa route, Lila une délicieuse jeune femme à qui il va rapidement passer la bague au doigt. Mais voilà, la donzelle n'est pas aussi parfaite qu'on pourrait le croire, et il va ne pas tarder à l'apprendre à ses dépends. Pour ne rien arranger, il va faire la connaissance de la jolie Miranda, qui ferait une remplaçante idéale.

Les années 90 furent une année faste pour les frères Farrelly. Avec des films comme Mary à tout prix, Dumb and Dumber ou Fou d'Irène, il s'était fait les chantres d'un certain genre d'humour un peu con mais qui savait avoir son charme. Depuis, il semble être sorti du cercle des réalisateurs de premier plan et ont donc quelques bides souvent injustifiés. On espère donc que la Femme de ses rêves redorera un peu leur blason, surtout que c'est l'occasion de leur retrouvaille avec Ben Stiller, qui est depuis devenu le ténor de la comédie que l'on connaît.

Mais après l'avoir vu, on peut dire que les femmes de ses rêves n'est pas forcément le meilleur Farrelly. En tout cas, un premier visionnage ne permet pas de mettre en avant le côté culte qu'avait certaines des précédentes oeuvres du fameux duo. Car, le film souffre d'un problème récurrent dans les comédies d'aujourd'hui. Après un départ sur des chapeaux de roues avec une densité de gags hallucinantes, le film s'essouffle un peu à mi-chemin. C'est un peu dommage car cela commence de la meilleure façon. Si on apprécie ce genre d'humour potache, on sera donc tout de suite séduit par le personnage de Ben Stiller, excellent en éternel insatisfait et surtout par sa rencontre avec un clone survitaminé de Cameron Diaz, dont le comportement surréaliste sera mis à contribution pour nous faire décrocher bien plus que de simples sourires.

Mais voila, les frères ont absolument voulu faire une histoire. Et malgré le charme de Michelle Monaghan (l’autre femme), la rencontre de son personnage avec notre héros va signer un coup d'arrêt aux délires des frères. Alors qu'on était jusqu'à présent dans le non-sens, on entre alors dans un quiproquo amoureux un peu trop classique qui va s'éterniser jusqu'à la fin du film. Il restera quelques moments de bravoures mais rien de comparable à l'élan initial qui laisser suggérer autre chose. Pourtant, on ne s'ennuie pas pour autant car les protagonistes sont suffisamment attachants pour faire passer la pilule, mais c'est juste qu'on a un peu une impression de déjà vu.

Enfin, il ne faut pas trop se plaindre car les deux frangins nous offrent presque une heure de pur plaisir en appliquant avec talent leurs vieilles recettes. Et même si celle-ci sont un peu terni par une suite sympathique mais un peu moyenne, il ne faut pas renier son plaisir et se dire que les Femmes de ses rêves restent une excellente comédie qui souffre juste d'un petit manque de rythme. C'est donc chaudement, que je recommande le film à tous les fans de la première heure qui ont grandi sur les oeuvres précédentes de deux frères. Evidemment, ce n'est pas du grand cinéma mais on aurait tort de s'en priver.

Vu au cinéma Cap-Vert, Quetigny (21)



Par Ender - Publié dans : Vu au Ciné
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Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 19:28

CRITIQUE

Pendant des années, Frank Lucas a été le chauffeur et disciple de Bumpy Johnson, le parrain altruiste qui dirigeait Harlem d'une main de fer. A sa mort, il décide de reprendre le flambeau grâce à une combine qui va lui permettre d'être leader sur le marché de la drogue. De son côté, Richie Roberts, un inspecteur aux méthodes musclées, semble être le dernier flic honnête dans un monde corrompu. La rencontre entre ses deux phénomènes semble inéluctable.

On ne le dira jamais assez : le gangster est à la mode. Ainsi, après les Promesses de l'Ombre de Cronenberg et avant la Nuit nous appartient de l'excellent James Gray, c'est Ridley Scott qui se charge de reprendre le flambeau. Encore une occasion pour lui de retrouver son Gladiator, Russell Crowe ainsi que de mettre en scène l'incontournable Denzel Washington, dont on ne vante plus les mérites. Et comme la rumeur dit qu'on se trouve face au nouveau grand film du genre, tout cela semble de meilleure augure.

Si on devait assimiler American Gangster à une autre oeuvre du genre, je pense qu'on pourrait choisir l'excellent Casino de Martin Scorsese. Tout comme celui-ci, l'intrigue est basée sur un fait réel ou un personnage apparemment ordinaire évolue dans un contexte extraordinaire. C'est ce paradoxe qui fait la force de ses deux films. Ici, le réalisateur accentue encore la chose en créant un contraste entre le personnage de Denzel Washington, dealer rangé, et celui de Russel Crowe, flic à la vie dissolu. Pour cela, il n'hésite pas à faire une succession de parallèle en décrivant avec talent l'ascension de ses protagonistes à travers les années.

On sent ainsi une grande envie de ressusciter les grandes fresques d'antan. Et même si on n'est pas au niveau des maîtres du genre (Coppola ou Scorsese), on sent quand même une maîtrise certaine, alors que le côté à la fois insolite et véridique de l'histoire permet de soutenir l'attention du spectateur. Pour cela, il faut vraiment rendre hommage au scénariste (le même qui la Liste de Schindler) qui a fait un vrai travail d'écriture et a fortement contribué à combler les rares lacunes du film.

Ces dernières se situeraient un peu pour moi au niveau de l'interprétation. Les acteurs ne sont pas mauvais mais je n'ai pas eu la sensation qu'ils aient insufflé une véritable énergie à l'ensemble. Denzel Washington a indéniablement un grand talent, mais j'ai vraiment l'impression qu'il joue un peu toujours le même rôle de type de la même façon (sauf rares exceptions). De son côté Russell Crowe, déjà un peu éclipsé par son camarade, manque un peu de finesse dans son jeu et on a vraiment du mal à s'attacher à un personnage qui ne lui convient pas forcément.

Cela n'empêche pas American Gangster d'être un excellent film du genre et de nous donner une bouffée de nostalgie en nous remémorant quelques-uns uns des grands moments d'anthologie qui ont donné au genre ses lettres de noblesse. De plus, le côté sobre de l'intrigue donne un charme particulier à une œuvre qui se démarque habilement de la concurrence.

Vu au cinéma Cap Vert, Quetigny (21)



Par Ender - Publié dans : Vu au Ciné
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